Escalade et désescalade DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES : Ce qu’il faudrait retenir

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Les concepts d’escalade et de désescalade occupent une place centrale dans l’analyse des crises internationales. Ils sont indispensables pour comprendre l’évolution d’une crise bilatérale, sous‑régionale, régionale ou mondiale. Les tensions actuelles au Moyen‑Orient, en Europe de l’Est ou en Afrique illustrent la dimension antagonique et dynamique de ces deux notions.

Le terme escalade provient du verbe « escalader », dérivé du latin scala « échelle ». Au XVIᵉ siècle, il désigne l’action militaire consistant à franchir les murs d’une forteresse à l’aide d’échelles. Son sens diplomatique apparaît au XXᵉ siècle, notamment durant la Guerre froide, pour qualifier l’augmentation progressive des tensions, des capacités militaires, des menaces ou des actions hostiles. L’escalade renvoie ainsi au processus d’intensification d’un conflit, qu’il soit militaire, politique ou rhétorique. Comme le souligne Thomas C. Schelling (1966), « l’escalade consiste à créer un risque de guerre, un risque que l’adversaire devra affronter ». Herman Kahn (1965) rappelle toutefois qu’elle n’est « pas un saut, mais une montée par paliers successifs, chacun plus dangereux que le précédent ».

À l’inverse, le terme désescalade est beaucoup plus récent. Il apparaît dans les années 1960, également dans le contexte de la Guerre froide. Il désigne l’ensemble des mesures visant à réduire la tension : rétablissement de canaux de communication, médiation, cessez‑le‑feu, mécanismes de vérification ou engagements à limiter les actions militaires. Pour I. William Zartman (2000), « la désescalade émerge lorsque les parties perçoivent un blocage mutuellement douloureux ». Elle repose sur la transparence, la confiance minimale et des garanties crédibles, souvent appuyées par des acteurs tiers ou des organisations internationales. Alexander L. George (1991) souligne que « la désescalade exige de la retenue, mais surtout la capacité de rendre cette retenue visible ».

Dans un contexte de polycrise, la capacité des acteurs internationaux à articuler escalade et désescalade devient un indicateur majeur de résilience stratégique, de leadership diplomatique et d’efficacité du multilatéralisme.

Sources combinées.

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