La 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU en neuf chiffres

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Le débat général de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est clos le lundi 28 septembre. Au-delà des discours, neuf chiffres racontent ce qu’a laissé la semaine la plus importante de la diplomatie mondiale.

194
C’est le nombre de délégations, d’États membres et d’observateurs confondus, qui se sont succédé à la tribune pendant les six jours de débat. Parmi elles figuraient 113 chefs d’État et de gouvernement. La session avait pour thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations Unies qui tiennent leurs promesses pour tous ». Malgré les critiques, cette participation l’a rappelé : l’Assemblée générale reste le seul lieu où presque tous les pays se retrouvent dans la même salle.

1945
C’est sans doute l’année la plus invoquée de la semaine. En ouvrant la session, le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, l’a dit sans détour : « Nous ne sommes pas en 1945. C’est la 81ᵉ session. Le monde a avancé. L’Organisation doit avancer ». Le Nigéria a insisté sur le fait que « le monde de 2026 ne peut rester prisonnier de la répartition du pouvoir de 1945 ». Le président brésilien Lula, qui a ouvert le débat comme le veut la tradition, a, lui aussi, souligné l’érosion de la crédibilité de l’ONU.

80
L’ONU a fêté ses 80 ans en 2025. Pour l’occasion, António Guterres a lancé l’initiative « ONU80 », qui vise à rendre l’Organisation plus efficace et moins coûteuse, notamment en regroupant des structures et en réduisant les doublons. Cette Assemblée était la première à en mesurer les effets concrets. Pour ses partisans, c’est une modernisation attendue depuis longtemps. Pour ses critiques, c’est surtout une cure d’austérité imposée par les difficultés de trésorerie.

188
Ce chiffre a été avancé par le président du Kenya, William Ruto : sur les questions de guerre et de paix, « cinq nations détiennent un pouvoir permanent que les 188 autres n’ont pas ». Les dirigeants africains ont réitéré leur demande d’au moins deux sièges permanents au Conseil de sécurité. La réforme est bloquée depuis des décennies, mais cette Assemblée a confirmé qu’elle est désormais au cœur du débat sur la légitimité du système.

7
C’est le nombre d’États qui ont voté contre et se sont abstenus lorsque l’Assemblée a permis à la Palestine de participer au débat à distance. Le 17 septembre, les États-Unis ont refusé pour la deuxième année consécutive le visa à Mahmoud Abbas. L’Assemblée a alors autorisé le président palestinien à intervenir par message préenregistré, par 152 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël et Paraguay) et 4 abstentions (Colombie, Honduras, Panama et Pérou). Abbas a qualifié ce refus d’« illégal ». Au-delà du cas palestinien, l’épisode a relancé une question de fond : un pays hôte peut-il conditionner l’accès à l’enceinte où tous les États sont censés siéger à égalité ?

3,45 milliards
C’est, en dollars, le budget ordinaire de l’ONU pour 2026, soit 7 % de moins que l’année précédente. L’Organisation a clôturé l’année 2025 avec un niveau record d’environ 1,6 milliard de dollars de contributions impayées. Aucune réforme ne sera possible sans régler d’abord une question très terre à terre : qui paie ?

2 900
C’est le nombre de postes supprimés dans le budget 2026. Derrière le chiffre, ce sont des équipes réduites dans des bureaux déjà sous tension, et des mandats que les États membres continuent pourtant d’élargir. La réduction des effectifs pose une question que l’Assemblée n’a pas tranchée : à force de demander plus avec moins, l’ONU peut-elle encore tenir ses promesses ?

0
C’est le nombre de femmes ayant dirigé l’ONU depuis sa création. Neuf secrétaires généraux se sont succédé en quatre-vingts ans, tous des hommes. De nombreux États et organisations de la société civile réclament que le dixième mette fin à cette série. La présence de Rebeca Grynspan en tête du dernier vote indicatif donne à cette revendication une portée concrète.

100
C’est le nombre de jours qu’il restait à António Guterres à son poste, comme il l’a lui-même rappelé dans son dernier discours d’ouverture. « La force du droit doit l’emporter sur le droit du plus fort », a-t-il déclaré. Son successeur prendra ses fonctions le 1ᵉʳ janvier 2027, et la course reste ouverte.

Ce que les chiffres disent ensemble
Lus ensemble, ces chiffres dressent le portrait d’une organisation traversée par un paradoxe. Elle n’a jamais eu autant de dossiers urgents sur la table. Elle n’a jamais disposé, dans le même temps, d’aussi peu de ressources et de consensus, ni subi autant de pression pour prouver son utilité. L’AGNU 81 n’a pas résolu cette tension, mais elle l’a exposée au grand jour devant 194 délégations. Celui ou celle qui arrivera au 38ᵉ étage en janvier n’héritera pas seulement d’une fonction : il lui faudra y répondre.

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