Algérie–Émirats : la rupture
Le 10 septembre, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Alger dénonce la « multiplication d’actes provocateurs ou hostiles » d’Abou Dhabi et a donné 48 heures à l’ambassadeur émirati pour quitter le pays. L’Algérie a également fermé son espace aérien aux appareils émiratis. La rupture couronne des années de tensions : accusations d’ingérence émiratie au Sahel, en Libye et au Soudan, et positions opposées sur le Sahara occidental et la normalisation avec Israël. C’est un réalignement majeur entre le Maghreb et le Golfe.
BRICS à New Delhi : plus nombreux, pas plus unis
Les 12 et 13 septembre, l’Inde a accueilli le 18ᵉ sommet des BRICS. Au menu : commerce et investissement, paiements transfrontaliers et réforme de l’ONU et des institutions financières internationales. Le sommet s’est tenu en pleine guerre impliquant l’Iran, membre du groupe depuis 2024, et sur fond de fortes tensions entre Téhéran et les Émirats. Les membres ont adopté une déclaration commune de 140 paragraphes, sans avancer sur une monnaie commune. Vingt ans après la première réunion ministérielle du BRIC, en 2006, le bloc pèse davantage, mais peine encore à parler d’une seule voix.
Le Canada, premier « membre associé » de l’Union européenne ?
Le 16 septembre, dans son discours sur l’état de l’Union prononcé à Strasbourg en présence du premier ministre Mark Carney, Ursula von der Leyen a proposé de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. Ce statut, absent des traités européens, approfondirait la coopération dans l’énergie, les minerais critiques, l’industrie, la défense et l’intelligence artificielle. Son cadre juridique reste entièrement à définir, notamment la question d’un éventuel droit de vote dans les institutions. Le sommet UE–Canada prévu en octobre à Montréal devrait préciser les choses.
Succession de Guterres : Grynspan prend la tête
Au quatrième tour de scrutin informel du Conseil de sécurité, le 29 septembre, la Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec 10 votes « encourage », 3 « décourage » et 2 « sans opinion ». Elle devance la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Argentin Rafael Grossi, à 8 votes « encourage » chacun. L’ONU pourrait ainsi être dirigée pour la première fois par une femme. Ce serait aussi la deuxième fois par une personnalité latino-américaine, après le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar (1982-1991).
Groenland : Washington s’installe
Le 22 septembre à New York, les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont signé un accord de sécurité qui élargit la présence militaire américaine sur l’île arctique. Washington pourra ouvrir deux nouvelles installations, à Narsarsuaq et à Mestersvig, et agrandir la base spatiale de Pituffik. La souveraineté du Danemark et du Groenland est réaffirmée. Mais aucun pays extérieur à l’OTAN ne pourra s’implanter militairement sur l’île sans l’accord unanime des trois signataires. L’Arctique devient un front de la compétition avec la Russie et la Chine.
81ᵉ Assemblée générale : l’ONU face à sa crise de confiance
Près de 130 chefs d’État et de gouvernement étaient attendus à New York pour le débat général de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale, ouvert le 22 septembre. Le thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations Unies au service de tous ». Conflits, climat, développement durable et avenir du multilatéralisme ont dominé les échanges. L’ONU, elle, doit prouver sa pertinence dans un monde de plus en plus fracturé.
Éthiopie : la guerre revient au Tigré
Le 23 septembre, le gouvernement régional du Tigré a annoncé être entré dans une « guerre défensive » contre l’armée fédérale. Ses forces se sont emparées des aéroports de la région, entraînant la suspension des vols vers Mekele, Axoum et Shire, puis ont lancé des opérations en Afar et en Amhara. Addis-Abeba accuse le TPLF de s’allier à l’Érythrée et à d’autres groupes armés. L’accord de paix de Pretoria, qui avait mis fin en 2022 à une guerre d’environ 600 000 morts, est menacé d’effondrement.
Xi à Washington : une trêve, pas la paix
Pour sa visite d’État de trois jours à Washington (23 au 25 septembre), Xi Jinping a obtenu avec Donald Trump la prolongation de la trêve commerciale jusqu’au 10 janvier 2027. Les deux pays ont aussi annoncé une baisse des droits de douane sur environ 60 milliards de dollars d’échanges, à raison de 30 milliards dans chaque sens. Les secteurs sensibles restent exclus : semi-conducteurs, batteries et véhicules électriques. Taïwan, les technologies et le soutien chinois à l’Iran continuent de diviser. La tension retombe, mais la rivalité demeure entière.
Haïti : six mois de plus pour la Force de répression des gangs
Le 29 septembre, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2829. Elle prolonge jusqu’au 31 mars 2027 le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti. Le texte a recueilli 12 voix pour et 3 abstentions : la Chine, la Russie et le Pakistan, qui plaidaient pour un renouvellement de trois mois seulement. Les gangs contrôlent toujours une large partie du pays. Or la Force est loin de sa pleine capacité : un peu plus de 1 000 militaires étaient déployés en juillet. L’enjeu est de sécuriser des élections attendues depuis 2016.
IA : la Maison-Blanche mise sur l’autorégulation
Le 29 septembre, Donald Trump a réuni à la Maison-Blanche les dirigeants de six entreprises de l’intelligence artificielle : OpenAI, Google, Meta, Nvidia, Anthropic et xAI. Elles ont signé un accord volontaire de sécurité qui prévoit des contrôles internes, une équipe de vérification, des audits externes indépendants et un comité de supervision. Le texte n’est pas juridiquement contraignant et ne prévoit aucune sanction. Washington cherche à garder la tête de la course à l’IA tout en répondant aux inquiétudes sur ses risques.




